eDITO sIX
" Writing about music, is like dancing about
architecture "
Elvis Costello
Si j'avais les mots dans cette colonne, je me serais plaint de l'apathie
dans laquelle Pau semble résolument enfoncée.
Si j'avais le cran, j'aurai critiqué la fermeture du Bar
associatif palois la Bimbothèque et l'inexistence d'une salle
municipale équivalente.
Si j'avais le temps je me serai moqué du changement d'attitude
des journalistes Français qui ont brusquement décidé,
que techno ne signifiait plus drogue et bruit pour autistes sourds.
Mais comme je n'ai ni les mots, ni le cran, et plus trop le temps,
je vais me limiter à présenter ce numéro six qui contient
une interview de Jack (p9) parce que la vie des stars nous intéresse;
avec l'histoire de la house (p4) comme tentative de démonstration
que le rap, le funk, la house, et la techno ont des racines communes. Ainsi
que les rubriques désormais habituelles : News(p2), Chroniques
de fêtes (p6), Playlists -désormais commentées-
(p12)...
Nous vous incitons également à visiter notre site internet
qui complète la lecture du fanzine ( entretien sans coupe avec
jack, des photos de fêtes supplémentaires...).
On se retrouve début juin, pour le numéro 7, avec on le
souhaite une formule un peu améliorée, et des articles plus
locaux...
nb: Photo "édito six" prise lors de la
soirée aux Arts battoirs.
MUZIQ - Résidence Descartes - Appart 42 14, av
Pierre Massé - 64000 Pau
nEWZ
LES VISITEURS Le samedi 24 janvier, l'association " Pigspace
" organisait une soirée à l'Eclypse. Malheureusement
la douane a investi les lieux à 2h du matin. La fête n'a pu
reprendre qu'à 5h après une fouille vaine des lieux.
- VIE NOKTURNE Après une tentative 100% house & techno,
avec Chrystal comme résidente, le Challenger à St
Jean de Luz à repris une programmation plus classique.
- Krishna est résident le samedi soir au KEOPS
à San Sebastian depuis mi-février.
- A Bordeaux ouverture du Nautilus (ex-Chat bleu) et des
Bains Bleus, avec programmation house, et de nombreuses soirées
avec djs nationaux et internationaux.
MUZIQ DJ BOOKING
K-ZIMIX (La Shampouineuse.) :Easy-Listening/French
House
EKO : Hard-house/Groovy techno
MOYZ : Techno/Hard Techno
Contacter Fredéric dans la journée au 05.59.80.83.68.
- Y'A PAS ECRIT LA POSTE Comment recevoir le prochain numéro
de Muziq chez soi avant tout le monde ? Envoyez un timbre à
4f50 avec votre adresse à :
- Muziq - Résidence Descartes - Appart 42 14,
av Pierre Massé - 64000 Pau
MEDIA Pour annoncer vos soirées - outre Muziq
- vous pouvez également communiquez vos dates à L'AGENT
d 'Amor ( Agenda de concerts, bimensuel et gratuit du grand
sud-ouest ) et à Fac Totum ( mensuel étudiant
palois gratuit ). Ils se feront un plaisir de les publier.
L'Agent d'Amor: Gueule de Bois, 46 bd Alsace & Lorraine, 64000
Pau.
Fac Totum : 05.59.30.90.30
- COCKTAIL NATION Fin des rendez-vous réguliers d'Hydrodisko
le vendredi au Cocktail café.
SONO Location de sono au 06.11.08.35.97 ou au 05.59.27.17.46.
Pour un bon accueil annoncer que vous appellez de la part de Muziq, même
si nous avons aucun intérêt dans ce service.
- HERBE & CAMPAGNE REGIONALES François Bayrou
le 11 Mars sur France Inter se déclare contre la dépénalisation
du haschich avec comme argument massue : " 86% des consommateurs
d' Ecstasy ont d'abord fumé du Cannabis ". On pourrait
également - pour suivre le même raisonnement - interdire le
lait parce que 98% des consommateurs d'Héroïne en buvaient
dans leur enfance, ou encore interdire l'Ecole des fans parce que
89% des Alcooliques l'ont déjà regardé. On devrait
également réduire les interventions nationales et radiophoniques
de Bayrou parce qu'elles donnent envie à 65% des lecteurs de Muziq
de fumer de l'herbe.
ARTS BATTOIRS Tous les mercredis après-midi de 14h
à 20h et samedis de 18 à minuit. Dek mixe techno aux
Arts Battoirs de Pau. Renseignements au 05.59.32.74.25 (Entrée:
25 f)
- DESPUES Nouvel after sur Pau : No Comment (ex Droopy),
13 rue d'Etigny. Ouvert à partir de 5h30 le samedi et dimanche matin.
L'entrée est gratuite.
E COMME ETEINT Décés de Nicolas Saunders
auteur du livre culte "E comme Ecstasy", victime d'un
accident de voiture en Afrique du Sud.
- THEATRE ELECTRONIQUE Les 12 et 13 mai, la Compagnie de Théâtre
étudiant "La lune à l'âme" présente
"Roberto ZUCCO" de Bernard-Marie KOLTÈS aux Arts
Battoirs, le parcours invraisemblable et sublime de ce criminel vers sa
propre mort.
- Pour la musique, elle sera en partie électronique (techno de
Detroit) et proposée par un Dj de MuziQ.
- Tarifs : 30 F pour les lecteurs du fanzine
- Téléphoner à Fred au 05 59 62 28 09
BASS REACTION II Après le succés de la soirée
avec Jack. La prochaine grosse soirée de Bass Reaction à
Pau aura lieu le 6 Juin. Surveillez les fliers.
- VIE NOKTURNE II Nouveau lieu sur la côte basque avec
soirées régulière Dub, Drum'n'Bass et House. L'Heteroclito
à Ciboure (?) à partir du 2 mai.
- Fermeture administrative de 15 jours du Pile ou Face (rue Emile
Guichenet - Pau). Réouverture le 10 Avril.
2LUZ REC. Changements chez les disquaires Toulousains.
Cyberland déménage au 9, rue Cujas
JellyFish, s'aggrandit avec un sous-sol spécialisé
Drum'n'bass, trip hop... (7, rue Baour Lormian).
- PRESSING Sortie du n°32 d'Analog Plenum, avec une
chronique de la fête avec Jack, des test de maxis français,
une interview de Punish Youself... 10f chez Tazsmania.
- A surveillez l'Eclair des Pyrénées
- Dans le prochain Amplificateur, article sur Muziq et la techno.
ON TRAX Dans le numéro de Mars de Trax, parmi
les playlists, figurait celle de DOMI/Atom Biarritz, avec sa photo.
Nous attendons vos news, dates, chroniques
de fêtes, remarques... pour le numéro 7 de muziq.
Dans la série " les grandes aventures de la techno
", Muziq se lance dans un pontifiant et barbant essai d'historique
de cette merveilleuse musique électronique de danse de jeunes. Afin
de nous re-situer dans le temps, rappelons tout d'abord les grandes dates
du mouvement techno ...
Prehistoire de la techno
|
1920/1930 1eres machine
a musiques (dont le célèbre Theramin...), compositions
de musiques répétitives, industrielles ou réalistes.
1950/1960 Pierre Henry
& Pierre Schaeffer pionniers de l'électroacoustique ou
acousmatique./Paris.
Fin 1960 Banalisation
des sound system en Jamaïque et de la profession de DJ. Apparition
de la notion de mix et de dub.
|
1972 Brian Eno et l'ambient music /
N.Y.
1974 Kraftwerk et l'industrialle volksmusic
/ Düsseldorf.
1976 Le Disco avec sa basse répétitive
et les djs apparaissent dans les clubs.
1982 Explosion ElectroFunk & Rap
/ N.Y.
1986 House
& Acid / Chicago
|
Aujourd'hui donc :
Chap. I - Chicago House -1986
1986 est une année importante dans l'histoire de la Techno
(et de la musique). Techniquement tout d'abord, elle constitue la
généralisation et la distribution des premiers vrais samplers,
des boites à rythmes (DX100, tr808, tr909...) -dont de
la fameuse bassline tb303- qui existent pourtant depuis longtemps.
Musicalement ensuite, l'Electrofunk s'essouffle pour définitivement
disparaître. Il se scinde en 3 mouvements musicaux :
D'abord le Rap, qui prend ses distances avec le coté
trop musical de l'Electro pour voler de ses propres ailes vers la maturité
et le succès. Merci à messieurs Rick Rubin et Russell Simons
qui fondent Def Jam records et signent Run DMC, Beastie Boys, E #1...
Ensuite le Funk qui devient plus sélectif, " pro
" grâce à (ou à cause de ?) un certain
Prince et ses collègues de Flytetime Production. Les années
80 sont marquées par le triomphe du " Minneapolis sound
", ultra produit, bien fait et léché, qui donnera
plus tard l'exaspérant New Jack Swing.
L'héritage de l'Electro ne s'arrête pas pour autant à
cela. C'est à Chicago, la même année, que des
DJs noirs ( ndlr : et gays ), enfermés dans leur ghetto,
bricolent une électro qui va rapidement se différencier de
celle de New-York : moins mélodique, moins de breakbeats, moins
de fresh, plus de lourdeur, de mauvais goût (déjà
que l'electro à la base...), de sale et de production approximative
en décalage total avec les circuits commerciaux et ultra bien huilésdes
années 80 (MTV, star system & co).
On ne saurait trop insister sur l'importance du coté naïf
et bricolo de cette musique. Avec trois francs six sous, Marshall Jefferson
crée le tube " Move your body " dans lequel
le terme " House music " est employé, rapport au
coté " fait maison " (1) artisanal de son disque.
Le morceau est caractérisé par un ridim grossier, un piano
limite, des chœurs mal chantés et une prog. de synthés d'une
finesse égale à l'intrusion de CRS dans une rave party. Bref,
un morceau génial de par son audace et qui lance toutes les bases
de la techno aujourd'hui.
Dans la foulée, d'autres artistes vont émerger, Marshall
Jefferson étant incapable de se renouveler (il ne sortira après
que des morceaux pompés sur le précédent). Citons
en vrac (une liste exhaustive serait fastidieuse) " Love
can't turn around " de Jackmaster Funk qui pousse les limites
du bon goût dans une autre dimension, " Acid Trax "
de Phuture, un classique absolu, morceau pur Acid à
connaître, ou encore des gens comme Larry Heard (a/k/a
Mr Fingers), Frankie Knuckles (pas encore converti à
la soupe grand public), DJ Pierre, Adonis, Robert Owens....
( ndlr : la plupart sont sortis sur le label TRAX ).
Face à un tel amateurisme, le mouvement va rapidement s'essouffler,
dépassé par les collègues de Detroit, plus pro, plus
techno, et surtout beaucoup plus lucide face à la question du business
(remember Mad Mike & U.R.). Néanmoins, la house de Chicago
doit nous apparaître au final comme le chainon manquant, une transition
entre l'electro et la techno. Alors maximum respect 2 the Chicago brothers
! †
MC Lainlain
(1) ndlr : Mais surtout en référence
au WhareHouse club black & gay Chicagoan où, Frankie
Knuckles jouait le rythme de base du Disco en y rajoutant des machines
et donc une dimension abstraite, déshumanisée, électronique.
Jeff Mills - Bordeaux - 24/01
Cela fait 6 mois que Dody El Fayed est en couverture d'Ici-Paris, mais
ce soir mon actualité c'est Jeff Mills à la galerie
Tatry à Bordeaux. C'est un peu avant 1h00 que je suis arrivé
sur le site de ce petit rassemblement d'accros aux bpm.
1h03:Aprés, le rituel de la palpation, je me précipite
dans la salle. Tonio est aux platines. Il nous sert de la bonne
hard-techno, musclé mais humaine. c'est excellent pour s'échauffer
les jambes.
1h45:Tonio laisse la place à M-Pact, un live
de Toulouse. Le live est excellent, techno, totalement dans l'esprit
de la soirée.
2h15:Une ombre se ballade derrière les platines et teste
des disques.
2h30:L'ombre se lève, la foule hurle. Jeff Mills
entre en scène.
2h33:[trainspotter report :] Il vient d'enlever son troisième
disque. Je suis complètement largué. Il est beaucoup trop
fort pour moi. Il n'a que deux platines mais il sait très bien s'en
servir. Comme ça ne lui suffit pas, il se laisse à faire
des mini lives sur sa TR909.
5h15:Un quart d'heure aprés le temps réglementaire,
il coupe le son. La foule hurle. Il fouille dans ses disques, se relève,
cale un disque et remet le son. Dans la salle, c'est l'hystérie.
5h25: Les enceintes se taisent définitivement. Je reprend
mes esprits. C'est la cohue au vestiaire.
6h00:Enfin dehors. Tiens un flyer pour le 7 février aux
Arbattoirs sur mon parebrise...
†MOÝZ
Salut les Copines - La Tireuse - 30/01 Muziq vs Hydrodisko - Pau
- 31/01
Dans le cadre du 1er festival du film Gay et Lesbien de Pau (organisé
par Idem au Mélies), Muziq organisait 2 soirées.
La première " easy-listening " eut lieu à
" la Tireuse " ; la Shampouineuse joua dans un
bar archi-complet. On retiendra deux moments forts, une version scratchée
de la pub de Nesquik (période Groquik), et un live
halluciné sur mini-Bontempi (mélange de minimalisme à
la Dj Hyperactive et de fête foraine à la Charly Holeg).
Une soirée vraiment pas comme les autres avec une déco de
Christine de Bubble Gum totalement en harmonie.
La deuxième soirée plus classique (techno) débuta
au " Sangomar ".
Elle se termina très tard dans un " Why not "
surchauffé où Félix, Eko, La Grise, C, Moyz et Collyns
se succédèrent aux platines. Pierre Palmade fit une
apparition remarquée dans la foule.
†EKO !
Tournée Ozone - Pau - 07/02
La tournée du label Ozone à fait escale à
Pau, aux anciens abattoirs de Billère. La salle de concert rectangulaire
a comme particularité d'être entourée de gradins, les
djs logeaient sur l'un d'eux.
Les gens arrivèrent tôt, dès 1h du matin le dancefloor
afficha complet. Les 900 personnes totalisées rassemblaient toute
la scène paloise "historique" quelques landais,
tarbais et bayonnais , mais aussi beaucoup de palois (et de beautiful
paloises) dont c'était la 1ère fête, et qui dans
leur grande majorité semblaient satisfaits de leur "déniaisage".
Une teuf techno n'avait pas rassemblé autant de monde à
Pau depuis la venue des NRV au Palacio en 96.
La soirée débuta avec les mixes maîtrisés
de C et Théo.
Kiko joua ensuite une techno -souvent groovy- avec beaucoup
de classiques en devenir.
Le live d'Oxia débuta électro et se prolongea
en techno sous influence de Detroit. Très varié le live fut
très apprécié (personnellement je déteste
les lives) même si dans le cas présent la foule n'est
pas restée scotchée à regarder l'index d'un performer
cliquer sur une souris ou lancer un D.A.T.
Enfin Jack s'installa aux platines son mix fut vivant (agrémenté
de quelques scratches et autres effets vivants.) On a eu droit aux
classiques séries Purpose Maker/Surgeon, mais également
à une série experimento-minimale, et même à
une indigeste série trance d'une dizaine de minutes.
La soirée se termina prématurément à 5h,
laissant la foule toujours aussi compacte sur sa faim (beaucoup continuèrent
la fête au Why Not).
Si le plateau de la soirée était attractif avec la présence
de Jack ; le pari d'organiser une teuf dans une grande salle avec un paf
de 80f à Pau était quand même risqué. La réussite
quasi totale de la soirée n'est pas le fruit du hasard mais du sérieux
de l'organisation de Hans de Bass Reaction et de ceux qui
oeuvrent depuis plusieurs années à créer une scène
techno paloise indépendante de l'Espagne, de Bordeaux ou Toulouse.
†EKO !
New Tendences In Sound - Itzela -14/02
Le flyer annonce l'inauguration d'une nouvelle piste "Hightek
Itzela", où jouent "les djs les plus avant-gardistes".
L'entrée est gratuite jusqu'à 1h sur présentation
du fly; est également annoncé une salle où il est
possible de se faire masser.
Dans la salle principale du bas, 2 piètres djs de "Quality
Madrid" se relaient. C'est un mélange du pire de la makina
(façon Jazzberri sous Tranxene), et du moins bon de la trance
allemande. Il y a du monde mais c'est loin d'être l'euphorie.
A l'étage, -la nouvelle salle- est désespérément
vide, la sono est largement insuffisante -pas de basse, et des aiguës
qui déchirent les oreilles-. Pourtant Damien et un autre
dj résident jouent en début de soirée de la hardhouse
hyper tonique. Puis Trampas du Txitxarro mixera nettement plus Ibiza-house
commerciale. Enfin Cristof Salzac jouera techno mais toujours assez
groovy devant une trentaine de personnes neurasthéniques. †
EKO !
Propellerheads - Paris -21/02
Rockers, rappers, techno-kids, branché en mal de la dernière
sensation hype, palois (moi), minette ayant connu le groupe au travers
de Elle ou Marie-Claire... La foule éclectique qui peuplait l'Elysée
Montmartre était donc à l'image de Propellerheads
: inclassable.
En première partie, Dj Touche des Wyseguys joua
un excellent set electro-breakbeat devant un public peu réceptif,
hormis lors du Rock-it d'Herbie Hanckok. A noter le prochain maxi
des Wyseguys "hou-la-la" joué à la fin de son set,
particulièrement efficace.
Enfin, arrive le groupe-vu-chez-Devoise-et-Vecchi. Armés
de platines, 1 fender, 1 batterie et 1 Moog les 2 anglais ont fourni une
prestation particulièrement jouissive. Après une courte intro
Jazzy, le beat principal de "Take California" déclencha
l'hystérie tout comme plus tard "Dive" ou le désormais
mythique "On her majesty's secret service". Les beats
déjà puissants doublés par la batterie ou les impros
au Moog transmettaient une énergie et une froideur inédite
par rapport aux lives entièrement assistés par ordinateur
ou D.A.T. Seul défaut une prestation particulièrement courte
( 1 heure ).
†WZ-N
Parade techno - Bordeaux - 27/03
Le plus marquant cette année lors du défilé
du carnaval de Bordeaux fût la Parade Techno. Une parade avec
un char principal, un gros sound-system et des danseurs. Jack de Marseille
et Manu le Malin étaient annoncés mais on a surtout entendu
des djs locaux. La musique était excellente et nous avons pris notre
pied comme dans toute bonne teuf digne de ce nom. Le mouvement s'est montré
dans la rue et le public a paru être séduit par toute cette
énergie
qui clôturait le défilé du carnaval. Cela m'a un peu
rappelé Boréalis cette année ou nous avions dansé
sur une place de la ville l'après-midi (par contre la parade
prévue avait complètement foiré). Une telle expérience
n'a très certainement rien à voir avec la Love Parade par
exemple. Mais cela préfigure un peu ce que va donner la techno parade
à Paris.
|
Xplicit lyiX
Sans complexe face aux Rap ou au Rock, la techno à aussi des
convictions, des combats et un message frondeur. Preuve à l'appuie
avec le superbe et profond texte du " Champagne Ep " sur
International Dj Gigolo (11), mis en bouteille par Miss kittin et
The Hacker à Château Fontaine/Brooklyn.
FRANK SINATRA
" Every night with my starfriends,
We eat caviar and drink champagne.
Sniffing in the VIP area,
We talk about Frank Sinatra
Do you know Frank Sinatra ?
He's dead... Dead ! Ahahaha...
To be famous is so nice
Suck my dick, kiss my ass !
In Limousines we have sex,
Every night with my famous friends.
In the mix we have sex,
Every night with my famous friends. "
Je crois que ce magnifique ghetto track français aura définitivement
conquis nos rares lecteurs trouvant notre mouvement vide de sens. †
Muziq : La reconnaissance - notamment médiatique - de la
techno ; pense tu que c’'est positif, ou qu'’au contraire le mouvement
va désormais perdre de sa substance, de son originalité et
devenir la même chose que le Rock ?
Jack : D’'un coté c'’est intéressant : La reconnaissance
par exemple par la Sacem des artistes c’'est important, il y a maintenant
possibilité de vivre légalement de sa musique de déposer
des morceaux ; un statut de Dj comme dj-artiste-producteur est également
à l’'étude. Ce qui est également vrai c’'est que désormais
dans toutes les familles les gens ont entendu parler de la techno, ils
savent à peu près ce que c’'est. Il faudrait maintenant que
les journalistes posent des questions un peu plus pertinentes, pour que
l'’on puisse exprimer ce que l’'on fait réellement, ce que l'’on
peut ressentir quand on fait de la musique, la démarche, le coté
culturel, le message. Le Hip-Hop c’'st la tchache, si tu prends les disques
de Detroit il y a des messages qui sont écrits entre les sillons,
sur les pochettes, sur les stickers ; c’'est assez méconnu il faut
donc donner un maximum d’'informations à la populace pour qu'’ils
comprennent. Mais d’'un autre coté on va indéniablement se
tourner vers une forme de starsystem. On y est pas encore mais on en est
proche avec des djs comme Carl Cox, ou Jeff Mills. Mais ce qui est intéressant
avec Jeff Mills c’'est qu’'il reste intègre dans sa musique, si
il est une star tant mieux. Si un jour il y a Jeff Mills sur Skyrock
ou NRJ tant mieux. Ces radios là s'’intéressent aux gens
si tu as un nom, si t’'as pas de nom tu ne les intéresse pas, tu
ne va rien leur apporter. C'est du business. A nous de ne pas faire de
concession de rester intègre. Je ne dis pas non plus qu’il ne faut
pas s’'adapte : tu ne va pas non plus faire un truc complètement
barré pour passer à la radio.
Muziq : L’'avenir de la techno c'’est donc quoi selon toi ?
Jack : Ce qui se dessine c’'est peut être la coexistence de 2
scènes, dont une avec de gros événements et des tourneurs
professionnels qui sont là depuis 15/20 ans qui prendront des plateaux
et qui permettront aux artistes de vivre - tant mieux - de leur musique.
Je pense qu'’on va rentrer dans le système rock : il y aura de plus
en plus de lives, toujours des djs mais il n’'y aura pas de place pour
les médiocres, seulement pour les gens rigoureux qui devront se
professionnaliser. Il faut que notre discours évolue tu peux
pas rester un marginal toute ta vie. Je pense que ces évolutions
ne vont faire que du bien au mouvement. Dans tous les milieux - pas que
dans la musique - il y a des gens qui ne pensent qu’'à la thune.
Chez les majors il y a aussi des gens compétents qui font les choses
correctement et d’'autres qui font de la merde et qui feront quand même
de la thune parce qu’ils ont des moyens de diffusion et de marketing énormes.
Ils sont capables de toucher les jeunes, et les jeunes tu
peux en faire ce que tu veux [ ndlr : arg ! On croit rever !
]. C’'est à nous de ne pas refuser certains projets ; à nous
de bien éduquer les jeunes. Si on est distribué dans les
supermarchés tant mieux. Il vaut mieux qu’on soit distribué
nous plutôt que des projets de merde : la énième compile
Supertechno.
Muziq : Tu fais parti de Technopol, quelle est ton implication ?
Jack : J' ‘en fais effectivement parti, mon investissement est réduit
actuellement parce que j’ai de moins en moins de temps à moi. Mais
je me tiens au courant de ce qu'’il ce passe notamment sur la Parade, je
file un chèque, je participe à des colloques. Récemment
j'’ai participé au Festival des Radios Leaders avec la Sacem et
des journalistes pour expliquer notre démarche en tant que musicien
: Instruments électroniques ; on est un orchestre à nous
tout seul ; la démarche du sample et celle à laquelle je
suis le plus sensible l’'utilisation de sons déjà préexistants
et jeu sur ton clavier-maître de tes rythmiques.
Muziq : Tu as évoqué la Parade Techno, c’'est important
ou anecdotique selon toi ?
Jack : Déjà cela ce passe à Paris... toujours
la capitale ! On aurait pu la faire ailleurs. Les puristes viendront de
toute la France et de l’'étranger, mais au niveau du grand public
cela sera un événement parisien. Parce contre c'’est très
bien, j’'avais participé, il y a 3-4 ans à Toulouse à
un carnaval techno dans la rue avec Creative Action. Et les gens s’'éclataient,
tu voyais des familles avec leurs enfants danser dans la rue. Notre revendication,
c’est çà : danser, s '‘exprimer, faire la fête. Il
va aussi avoir un business qui va s’organiser autour de cette parade, mais
encore une fois c’est tant mieux si des gens peuvent vivre de leur passion.
La techno c’est la musique, mais aussi les magazines, l'’image, l'’informatique,
les moyens de diffusion des années 90. La techno c’est pas qu’'une
musique qui s’écoutent, c'est aussi une musique qui se mixe,
les jeunes achètent des platines, un sampler. Avec 10000-20000f
tu peux très bien produire chez toi. En même temps il faut
pas non plus rêver, il n’'y aura la place pour tout le monde. Tout
comme il y a eu l’'explosion des djs - tout le monde a voulu être
dj -, puis tout le monde a voulu ouvrir des magasins de disques et quelques
années plus tard certains se plaignent parce que çà
marche pas. Il faut être patient et ne pas brûler les étapes.
Il faut avoir du talent, il faut passer du temps, cela ne se passe pas
en 1 ou 2 ans. Le résultat est là parce que on est là
depuis 6 ou 8 ans, on écrit l’'histoire de cette musique en France
parce que on a eu la chance de démarrer au bon moment et surtout
d'’y croire parce que on était les seuls à y croire à
l'’époque. Comme vous peut-être dans certaines régions,
vous avez le plaisir de démarrer et de participer à l’'évolution
de ce mouvement.
Ce qui est intéressant cette année c’est qu’'il y a eu
pas mal d’émissions sur différentes chaînes de télé,
dans des journaux non spécialisés. On est quelques uns à
avoir maintenant un nom, un impact en France, à pouvoir attirer
du monde.
Muziq : L’'avenir des musiques électroniques ; quelle est
selon toi la direction qui va être prise ?
Jack : En Europe mis à part l’Italie qui a une grosse production
Dance, les 2 pays où tout ce passe au niveau business c’est l’'Angleterre
et l’'Allemagne. ( Et peut être bientôt la France ). L’'Angleterre
chaque année ils ont besoin de relancer l’'économie du disque
( cette année avec le Speed Garage ). Je pense qu’il n'’y aura plus
de grosses tendances, mais un mélange, une fusion de styles, cela
sera de la musique électronique tout court. On peut pas dire ce
que cela va devenir dans 5-6 ans.
Muziq : Tes souhaits actuels quels sont ils ?
Jack : C’'est de faire de plus en plus de musique, de m’'organiser
parce que je joue de plus en plus, il y a de plus en plus de gros événements
notamment à l’'étranger. Mon souhait c’'est de produire,
mixer m’a permis d’'acquérir des sensations et du métier.
J'’aurais pu faire de la musique plus tôt, mais cela ne s’'est pas
fait parce que je n'’avais pas vécu assez de choses. Le fait de
voyager -pour mixer- t’'influence au niveau créatif, les rencontres
avec d'’autres gens, d'’autres cultures. Cette envie de musique est maintenant
au fond de moi depuis 2-3 ans, la rencontre avec l‘'équipe d’'Ozone
avec qui j'’ai des affinités musicales a également été
décisive , et puis ils m’'ont laissé libre devant les machines,
sans m’i'mposer leur influence. Le live c’est pas pour encore, mais c’'est
évident que un jour ou l’'autre cela va me démanger. Je sais
que c'est mon métier maintenant, mais cela reste ma passion aussi.
Et c’'est bien de pouvoir vivre de sa passion. Je peux me permettre d’être
rigoureux dans mon travail -comme j’ai un nom- de refuser des dates pour
me reposer pour ne pas tuer mon envie de travailler, et me réserver
pour des soirées avec un public intéressant avec des organisateurs
qui mettent une « âme » dans ce qu'’ils font. Si un jour
je ne prend plus mon pied en tant que dj, je ferai toujours de la musique.
Muziq : et tes projets ?
Jack : Un maxi en Mars chez Ozone où il y aura un morceau que
j’'ai fais pour la pièce de théatre Trainspotting.
Le vol. 2 de House-trax chez Virgin. Le vol.1 m’'a été
proposé parce que je souhaitais refaire un cd mixé ( mon
1er était sorti chez Fairway : dj mastermix ), et les gens de Virgin
m’'ont dis qu’i'ls aimaient bien l’'émotion que je donne à
travers mes mixes. Certains titres étaient déjà en
licence, j’'ai du les garder, j'’ai cependant eu un droit de regard pour
que cela me ressemble un minimum. Dans l’'ensemble il y a pas mal de français,
même si il y a 3-4 morceaux qui ne me ressemblent pas trop. Le volume
2 sortira au printemps avec mon propre tracklisting. Un projet techno chez
Distance sortira vers Mai/Juin.
Muziq : Tu as également composé un morceau pour les
compiles What’s up ?
Jack : Je ne sais pas quel va être l’'avenir de ces compiles,
je sais qu’'ils cherchent un nouveau distributeur. L’'intérêt
du volume 3 était qu’'il faisait de la place aux productions des
régions. Parce que la toute la hype sur la France concerne des Parisiens.
Là aussi je peux servir de connexion entre les deux scènes
parce que dès le départ j’ai beaucoup joué sur Paris.
Il y a beaucoup de talents et de petits labels dans les régions
et si je peux les aider à se faire connaître c’est bien. Mais
il faut aussi qu’'ils osent et donnent des coups de fils à la presse
spécialisée à Trax à Coda, aux fanzines : vous
êtes un également un relais important, de plus en plus de
régions ont leur propre fanzine.
Muziq : La techno s’impose dans de plus en plus de domaines qui
pouvaient jusqu'à présent sembler lointains. Tu as parlé
précédemment de la pièce Trainspotting par
exemple pour laquelle tu a composé un morceau.
Jack : C’est peut être nouveau au niveau du public, mais cette
musique cela fait plus de six ans qu’elle a été écrite.
C’est peut être des gens qui sont sortis il y à 6-7 ans qui
avaient 17-18 ans, qui ont été blasé qui sont passé
à autre chose ( théatre, défilé , galerie d’artistes...)
mais qui aiment toujours ces musiques et si ils sortent peut être
moins, ils continuent d’'apporter leur pierre au mouvement à leur
façon. Les jeunes français contrairement à leurs aînés
prennent confiance, les compositeurs français s’'exportent. On a
toujours eu des capacités, mais on avait ce coté : on
profite de la vie ; désorganisé, maintenant il y a plus
de rigueur. La nouvelle génération à envie de s’'exprimer.
Muziq : de plus on entend de moins en moins les critiques du style
« c’est que du bruit, c’est pas de la musique ».
Jack : C’'est normal, cette musique c’'est la synthèse de tout
ce qui s’est passé avant. C’est une envie d’'énorme liberté,
un mouvement d'’une incroyable tolérance où tout les gens
se mélangent. Les gens sont étonnés il n'y a pas de
violence, au début on disait « ils planent, il y a la défonce
» mais non c’'est un réel état d’'esprit. Les médias
arrivent désormais à vendre en parlant de la techno ( la
musique, les artistes ), et non plus avec l'’équation techno=drogue,
cela prouve bien que la compréhension du mouvement avance dans la
bonne direction.
uP
Les djs qui scratchent
Les ballons d'azote
Edouar Baer/NPA L
es percussions afro & brésiliennes
"Barré" pour dire "Taré"
Le revival Elektro/Breakbeat
Distribuer ses mix-tapes à ses amis
" the drugs don't work": the verve
liSTES dE jEU
EKO - muziq
- Method men - The all night ep - Camouflage 1èresortie
d'1 label de Toronto - Chicago brutal disko
- Dj Sneak - Polyester 3 - H.S.M. 3 bombes dont
1 pompage de " Burning "
- Green Velvet - Never satisfied - White label
1 mix disco sublime & 1 mix minimal puissant
- G flame & Mr G - Da playa's ep - Metalbox
Hardhouse avec des sonorités jungle
- Beat junkies LP - Trainspotters nightmare Chicago
minimal house remixée par Cari Lekebusch
- L.A. Williams - D.T.T. 3rd R e.p. - Nepenta Pour
le track avec le speech pour débuter un set
- Harrison Crump - Poumtchak 5 Disko track sur le label
d'Etienne de Crécy
- Gene Hunt - Wired - Contaminated muzik Minimal
trax tout droits sortis d'1 Commodore 64
- Guem - Percussions - Le chant du monde Vraies
percussions africaines, parce que la vraie trance n'est pas à Goa
mais à Dakar
- Oxmo Puccino -Esprit maffieux - Time bomb Rap
hyper sombre avec 1 piano qui glace le sang
THEO - tazsmania
- Bullet breaker - Planet Rythm Trop cool
- Advation - World music 6 Trop cool
- Damon Wild-Rotary rmx-Synewave Trop cool
- Damon Wild - Nitevision - Synewave 35 Excellent
pour un début de set.
- Ascent - Motion - Technasia Trop cool
- Andreas Kramer-Resorption-Construct Rythm
Excellent
- Andrei Morant - Force ep - Planet Rythm Trop
cool
- Dj Uptide - Dr Snuggle - Uptide rec. Trop
cool
- T. Pogad - Fever - Jerk rec. Excellent
- The Butcher - Block - Loop rec. Trop cool=Techno
MOÝZ - muziq
- Donna Summer - I feel love - Casablanca Oldies
but goodies
- DJ Tutle - The fireleux - Subsound 14 Hard
techno rythmique
- Jeff Mills - waveform vol 3 - Tresor 1 très
bonne compile pour ceux qui ont raté la sortie de maxis
- DJ Tutle - Future Frontier 006 Corrosive Hard
tekno
- DJ Hyper Active - No place like home - U.C. Minimal
human techno
- Polson & Ruskin-Institute for the future-Surface
Le son et la couleur de Jeff M. mais ce n'est pas du Jeff.
- Quatre - Green Techno minimaliste
- Gene hunt - porno muzick - cl 006 Punchy minimal
techno
- Steve Stoll -The blunted boy wonder -novamute
Un album minimaliste qui enflammera le dance floor
- Jeff Mills - Axis 9 limited pressing Tout
le monde connaît ce disque par cœur mais il faut un 10ième
skeud.
NIC-muziq extended family-bdx
- Hard education - Downwards Lp3 Le quatuor majeur
du label anglais (Surgeon, Regis, Female, Portion Reform) revient en force
avec une techno percussive. Efficace et destructeur.
- Mysterious People -The rude movements -Yoshitoshi
House minimale. A noter la sortie de 2 cds mixés regroupant les
meilleurs morceaux sortis à ce jour.
- Dj T-1000 - Signal minimal - Pure Sonik
- Richard Bartz - Ghettoblaster II - Kurbel 8
- Soul Creations - Soul Blues - Bassclef
- Constipated Monkeys - Subliminal Groovy, Housy,
Juicy ! Da bomb !
- Liquid interlude - Deep vision Deep house
progressive - 1ere sortie d'un label de N.Y.
- Mike Delgado - Upstars Lounge - H.S.M. 2 morceaux
fuuuuunnnkyyyy à souhait !
- Marshall Jefferson vs Noosa Heads - Soap records
- Electric Disko - Chicago deep records Une
face diskohouse façon seventies et une face plutôt piano-trompette
des plus agréable à écouter.