eDITO sIX

" Writing about music, is like dancing about architecture "
Elvis Costello
Si j'avais les mots dans cette colonne, je me serais plaint de l'apathie dans laquelle Pau semble résolument enfoncée.
Si j'avais le cran, j'aurai critiqué la fermeture du Bar associatif palois la Bimbothèque et l'inexistence d'une salle municipale équivalente.
Si j'avais le temps je me serai moqué du changement d'attitude des journalistes Français qui ont brusquement décidé, que techno ne signifiait plus drogue et bruit pour autistes sourds.
Mais comme je n'ai ni les mots, ni le cran, et plus trop le temps, je vais me limiter à présenter ce numéro six qui contient une interview de Jack (p9) parce que la vie des stars nous intéresse; avec l'histoire de la house (p4) comme tentative de démonstration que le rap, le funk, la house, et la techno ont des racines communes. Ainsi que les rubriques désormais habituelles : News(p2), Chroniques de fêtes (p6), Playlists -désormais commentées- (p12)...

Nous vous incitons également à visiter notre site internet qui complète la lecture du fanzine ( entretien sans coupe avec jack, des photos de fêtes supplémentaires...).

On se retrouve début juin, pour le numéro 7, avec on le souhaite une formule un peu améliorée, et des articles plus locaux...

MUZIQ crew

nb: Photo "édito six" prise lors de la soirée aux Arts battoirs.

MUZIQ - Résidence Descartes - Appart 42 14, av Pierre Massé - 64000 Pau


nEWZ

LES VISITEURS Le samedi 24 janvier, l'association " Pigspace " organisait une soirée à l'Eclypse. Malheureusement la douane a investi les lieux à 2h du matin. La fête n'a pu reprendre qu'à 5h après une fouille vaine des lieux.
MUZIQ DJ BOOKING
K-ZIMIX (La Shampouineuse.) :Easy-Listening/French House
EKO : Hard-house/Groovy techno
MOYZ : Techno/Hard Techno
Contacter Fredéric dans la journée au 05.59.80.83.68.
MEDIA Pour annoncer vos soirées - outre Muziq - vous pouvez également communiquez vos dates à L'AGENT d 'Amor ( Agenda de concerts, bimensuel et gratuit du grand sud-ouest ) et à Fac Totum ( mensuel étudiant palois gratuit ). Ils se feront un plaisir de les publier.
L'Agent d'Amor: Gueule de Bois, 46 bd Alsace & Lorraine, 64000 Pau.
Fac Totum : 05.59.30.90.30
SONO Location de sono au 06.11.08.35.97 ou au 05.59.27.17.46. Pour un bon accueil annoncer que vous appellez de la part de Muziq, même si nous avons aucun intérêt dans ce service.
ARTS BATTOIRS Tous les mercredis après-midi de 14h à 20h et samedis de 18 à minuit. Dek mixe techno aux Arts Battoirs de Pau. Renseignements au 05.59.32.74.25 (Entrée: 25 f)
E COMME ETEINT Décés de Nicolas Saunders auteur du livre culte "E comme Ecstasy", victime d'un accident de voiture en Afrique du Sud.
BASS REACTION II Après le succés de la soirée avec Jack. La prochaine grosse soirée de Bass Reaction à Pau aura lieu le 6 Juin. Surveillez les fliers.
2LUZ REC. Changements chez les disquaires Toulousains.
Cyberland déménage au 9, rue Cujas
JellyFish, s'aggrandit avec un sous-sol spécialisé Drum'n'bass, trip hop... (7, rue Baour Lormian).
ON TRAX Dans le numéro de Mars de Trax, parmi les playlists, figurait celle de DOMI/Atom Biarritz, avec sa photo.
Nous attendons vos news, dates, chroniques de fêtes, remarques... pour le numéro 7 de muziq.

Dans la série " les grandes aventures de la techno ", Muziq se lance dans un pontifiant et barbant essai d'historique de cette merveilleuse musique électronique de danse de jeunes. Afin de nous re-situer dans le temps, rappelons tout d'abord les grandes dates du mouvement techno ...

Prehistoire de la techno
  • 1920/1930 1eres machine a musiques (dont le célèbre Theramin...), compositions de musiques répétitives, industrielles ou réalistes.
  • 1950/1960 Pierre Henry & Pierre Schaeffer pionniers de l'électroacoustique ou acousmatique./Paris.
  • Fin 1960 Banalisation des sound system en Jamaïque et de la profession de DJ. Apparition de la notion de mix et de dub.
  • 1972 Brian Eno et l'ambient music / N.Y.
  • 1974 Kraftwerk et l'industrialle volksmusic / Düsseldorf.
  • 1976 Le Disco avec sa basse répétitive et les djs apparaissent dans les clubs.
  • 1982 Explosion ElectroFunk & Rap / N.Y.
  • 1986 House & Acid / Chicago
  • Aujourd'hui donc :
    Chap. I - Chicago House -1986
    1986 est une année importante dans l'histoire de la Techno (et de la musique). Techniquement tout d'abord, elle constitue la généralisation et la distribution des premiers vrais samplers, des boites à rythmes (DX100, tr808, tr909...) -dont de la fameuse bassline tb303- qui existent pourtant depuis longtemps. Musicalement ensuite, l'Electrofunk s'essouffle pour définitivement disparaître. Il se scinde en 3 mouvements musicaux :
    D'abord le Rap, qui prend ses distances avec le coté trop musical de l'Electro pour voler de ses propres ailes vers la maturité et le succès. Merci à messieurs Rick Rubin et Russell Simons qui fondent Def Jam records et signent Run DMC, Beastie Boys, E #1...
    Ensuite le Funk qui devient plus sélectif, " pro " grâce à (ou à cause de ?) un certain Prince et ses collègues de Flytetime Production. Les années 80 sont marquées par le triomphe du " Minneapolis sound ", ultra produit, bien fait et léché, qui donnera plus tard l'exaspérant New Jack Swing.
    L'héritage de l'Electro ne s'arrête pas pour autant à cela. C'est à Chicago, la même année, que des DJs noirs ( ndlr : et gays ), enfermés dans leur ghetto, bricolent une électro qui va rapidement se différencier de celle de New-York : moins mélodique, moins de breakbeats, moins de fresh, plus de lourdeur, de mauvais goût (déjà que l'electro à la base...), de sale et de production approximative en décalage total avec les circuits commerciaux et ultra bien huilésdes années 80 (MTV, star system & co).
    On ne saurait trop insister sur l'importance du coté naïf et bricolo de cette musique. Avec trois francs six sous, Marshall Jefferson crée le tube " Move your body " dans lequel le terme " House music " est employé, rapport au coté " fait maison " (1) artisanal de son disque. Le morceau est caractérisé par un ridim grossier, un piano limite, des chœurs mal chantés et une prog. de synthés d'une finesse égale à l'intrusion de CRS dans une rave party. Bref, un morceau génial de par son audace et qui lance toutes les bases de la techno aujourd'hui.
    Dans la foulée, d'autres artistes vont émerger, Marshall Jefferson étant incapable de se renouveler (il ne sortira après que des morceaux pompés sur le précédent). Citons en vrac (une liste exhaustive serait fastidieuse) " Love can't turn around " de Jackmaster Funk qui pousse les limites du bon goût dans une autre dimension, " Acid Trax " de Phuture, un classique absolu, morceau pur Acid à connaître, ou encore des gens comme Larry Heard (a/k/a Mr Fingers), Frankie Knuckles (pas encore converti à la soupe grand public), DJ Pierre, Adonis, Robert Owens.... ( ndlr : la plupart sont sortis sur le label TRAX ).
    Face à un tel amateurisme, le mouvement va rapidement s'essouffler, dépassé par les collègues de Detroit, plus pro, plus techno, et surtout beaucoup plus lucide face à la question du business (remember Mad Mike & U.R.). Néanmoins, la house de Chicago doit nous apparaître au final comme le chainon manquant, une transition entre l'electro et la techno. Alors maximum respect 2 the Chicago brothers ! †
    MC Lainlain

    (1) ndlr : Mais surtout en référence au WhareHouse club black & gay Chicagoan où, Frankie Knuckles jouait le rythme de base du Disco en y rajoutant des machines et donc une dimension abstraite, déshumanisée, électronique.


    Jeff Mills - Bordeaux - 24/01

    Cela fait 6 mois que Dody El Fayed est en couverture d'Ici-Paris, mais ce soir mon actualité c'est Jeff Mills à la galerie Tatry à Bordeaux. C'est un peu avant 1h00 que je suis arrivé sur le site de ce petit rassemblement d'accros aux bpm.
    1h03:Aprés, le rituel de la palpation, je me précipite dans la salle. Tonio est aux platines. Il nous sert de la bonne hard-techno, musclé mais humaine. c'est excellent pour s'échauffer les jambes.
    1h45:Tonio laisse la place à M-Pact, un live de Toulouse. Le live est excellent, techno, totalement dans l'esprit de la soirée.
    2h15:Une ombre se ballade derrière les platines et teste des disques.
    2h30:L'ombre se lève, la foule hurle. Jeff Mills entre en scène.
    2h33:[trainspotter report :] Il vient d'enlever son troisième disque. Je suis complètement largué. Il est beaucoup trop fort pour moi. Il n'a que deux platines mais il sait très bien s'en servir. Comme ça ne lui suffit pas, il se laisse à faire des mini lives sur sa TR909.
    5h15:Un quart d'heure aprés le temps réglementaire, il coupe le son. La foule hurle. Il fouille dans ses disques, se relève, cale un disque et remet le son. Dans la salle, c'est l'hystérie.
    5h25: Les enceintes se taisent définitivement. Je reprend mes esprits. C'est la cohue au vestiaire.
    6h00:Enfin dehors. Tiens un flyer pour le 7 février aux Arbattoirs sur mon parebrise...
    †MOÝZ
    Salut les Copines - La Tireuse - 30/01 Muziq vs Hydrodisko - Pau - 31/01
    Dans le cadre du 1er festival du film Gay et Lesbien de Pau (organisé par Idem au Mélies), Muziq organisait 2 soirées.
    La première " easy-listening " eut lieu à " la Tireuse " ; la Shampouineuse joua dans un bar archi-complet. On retiendra deux moments forts, une version scratchée de la pub de Nesquik (période Groquik), et un live halluciné sur mini-Bontempi (mélange de minimalisme à la Dj Hyperactive et de fête foraine à la Charly Holeg). Une soirée vraiment pas comme les autres avec une déco de Christine de Bubble Gum totalement en harmonie.
    La deuxième soirée plus classique (techno) débuta au " Sangomar ".
    Elle se termina très tard dans un " Why not " surchauffé où Félix, Eko, La Grise, C, Moyz et Collyns se succédèrent aux platines. Pierre Palmade fit une apparition remarquée dans la foule.
    †EKO !
    Tournée Ozone - Pau - 07/02
    La tournée du label Ozone à fait escale à Pau, aux anciens abattoirs de Billère. La salle de concert rectangulaire a comme particularité d'être entourée de gradins, les djs logeaient sur l'un d'eux.
    Les gens arrivèrent tôt, dès 1h du matin le dancefloor afficha complet. Les 900 personnes totalisées rassemblaient toute la scène paloise "historique" quelques landais, tarbais et bayonnais , mais aussi beaucoup de palois (et de beautiful paloises) dont c'était la 1ère fête, et qui dans leur grande majorité semblaient satisfaits de leur "déniaisage".
    Une teuf techno n'avait pas rassemblé autant de monde à Pau depuis la venue des NRV au Palacio en 96.
    La soirée débuta avec les mixes maîtrisés de C et Théo.
    Kiko joua ensuite une techno -souvent groovy- avec beaucoup de classiques en devenir.
    Le live d'Oxia débuta électro et se prolongea en techno sous influence de Detroit. Très varié le live fut très apprécié (personnellement je déteste les lives) même si dans le cas présent la foule n'est pas restée scotchée à regarder l'index d'un performer cliquer sur une souris ou lancer un D.A.T.
    Enfin Jack s'installa aux platines son mix fut vivant (agrémenté de quelques scratches et autres effets vivants.) On a eu droit aux classiques séries Purpose Maker/Surgeon, mais également à une série experimento-minimale, et même à une indigeste série trance d'une dizaine de minutes.
    La soirée se termina prématurément à 5h, laissant la foule toujours aussi compacte sur sa faim (beaucoup continuèrent la fête au Why Not).
    Si le plateau de la soirée était attractif avec la présence de Jack ; le pari d'organiser une teuf dans une grande salle avec un paf de 80f à Pau était quand même risqué. La réussite quasi totale de la soirée n'est pas le fruit du hasard mais du sérieux de l'organisation de Hans de Bass Reaction et de ceux qui oeuvrent depuis plusieurs années à créer une scène techno paloise indépendante de l'Espagne, de Bordeaux ou Toulouse.
    †EKO !
    New Tendences In Sound - Itzela -14/02
    Le flyer annonce l'inauguration d'une nouvelle piste "Hightek Itzela", où jouent "les djs les plus avant-gardistes". L'entrée est gratuite jusqu'à 1h sur présentation du fly; est également annoncé une salle où il est possible de se faire masser.
    Dans la salle principale du bas, 2 piètres djs de "Quality Madrid" se relaient. C'est un mélange du pire de la makina (façon Jazzberri sous Tranxene), et du moins bon de la trance allemande. Il y a du monde mais c'est loin d'être l'euphorie.
    A l'étage, -la nouvelle salle- est désespérément vide, la sono est largement insuffisante -pas de basse, et des aiguës qui déchirent les oreilles-. Pourtant Damien et un autre dj résident jouent en début de soirée de la hardhouse hyper tonique. Puis Trampas du Txitxarro mixera nettement plus Ibiza-house commerciale. Enfin Cristof Salzac jouera techno mais toujours assez groovy devant une trentaine de personnes neurasthéniques. †
    EKO !
    Propellerheads - Paris -21/02
    Rockers, rappers, techno-kids, branché en mal de la dernière sensation hype, palois (moi), minette ayant connu le groupe au travers de Elle ou Marie-Claire... La foule éclectique qui peuplait l'Elysée Montmartre était donc à l'image de Propellerheads : inclassable.
    En première partie, Dj Touche des Wyseguys joua un excellent set electro-breakbeat devant un public peu réceptif, hormis lors du Rock-it d'Herbie Hanckok. A noter le prochain maxi des Wyseguys "hou-la-la" joué à la fin de son set, particulièrement efficace.
    Enfin, arrive le groupe-vu-chez-Devoise-et-Vecchi. Armés de platines, 1 fender, 1 batterie et 1 Moog les 2 anglais ont fourni une prestation particulièrement jouissive. Après une courte intro Jazzy, le beat principal de "Take California" déclencha l'hystérie tout comme plus tard "Dive" ou le désormais mythique "On her majesty's secret service". Les beats déjà puissants doublés par la batterie ou les impros au Moog transmettaient une énergie et une froideur inédite par rapport aux lives entièrement assistés par ordinateur ou D.A.T. Seul défaut une prestation particulièrement courte ( 1 heure ).
    †WZ-N
    Parade techno - Bordeaux - 27/03
    Le plus marquant cette année lors du défilé du carnaval de Bordeaux fût la Parade Techno. Une parade avec un char principal, un gros sound-system et des danseurs. Jack de Marseille et Manu le Malin étaient annoncés mais on a surtout entendu des djs locaux. La musique était excellente et nous avons pris notre pied comme dans toute bonne teuf digne de ce nom. Le mouvement s'est montré dans la rue et le public a paru être séduit par toute cette énergie qui clôturait le défilé du carnaval. Cela m'a un peu rappelé Boréalis cette année ou nous avions dansé sur une place de la ville l'après-midi (par contre la parade prévue avait complètement foiré). Une telle expérience n'a très certainement rien à voir avec la Love Parade par exemple. Mais cela préfigure un peu ce que va donner la techno parade à Paris.

    †ICKNEU


    Xplicit lyiX

    Sans complexe face aux Rap ou au Rock, la techno à aussi des convictions, des combats et un message frondeur. Preuve à l'appuie avec le superbe et profond texte du " Champagne Ep " sur International Dj Gigolo (11), mis en bouteille par Miss kittin et The Hacker à Château Fontaine/Brooklyn.

    FRANK SINATRA
    " Every night with my starfriends,
    We eat caviar and drink champagne.
    Sniffing in the VIP area,
    We talk about Frank Sinatra
    Do you know Frank Sinatra ?
    He's dead... Dead ! Ahahaha...
    To be famous is so nice
    Suck my dick, kiss my ass !
    In Limousines we have sex,
    Every night with my famous friends.
    In the mix we have sex,
    Every night with my famous friends. "

    Je crois que ce magnifique ghetto track français aura définitivement conquis nos rares lecteurs trouvant notre mouvement vide de sens. †

    VEGA


    Muziq : La reconnaissance - notamment médiatique - de la techno ; pense tu que c’'est positif, ou qu'’au contraire le mouvement va désormais perdre de sa substance, de son originalité et devenir la même chose que le Rock ?
    Jack : D’'un coté c'’est intéressant : La reconnaissance par exemple par la Sacem des artistes c’'est important, il y a maintenant possibilité de vivre légalement de sa musique de déposer des morceaux ; un statut de Dj comme dj-artiste-producteur est également à l’'étude. Ce qui est également vrai c’'est que désormais dans toutes les familles les gens ont entendu parler de la techno, ils savent à peu près ce que c’'est. Il faudrait maintenant que les journalistes posent des questions un peu plus pertinentes, pour que l'’on puisse exprimer ce que l’'on fait réellement, ce que l'’on peut ressentir quand on fait de la musique, la démarche, le coté culturel, le message. Le Hip-Hop c’'st la tchache, si tu prends les disques de Detroit il y a des messages qui sont écrits entre les sillons, sur les pochettes, sur les stickers ; c’'est assez méconnu il faut donc donner un maximum d’'informations à la populace pour qu'’ils comprennent. Mais d’'un autre coté on va indéniablement se tourner vers une forme de starsystem. On y est pas encore mais on en est proche avec des djs comme Carl Cox, ou Jeff Mills. Mais ce qui est intéressant avec Jeff Mills c’'est qu’'il reste intègre dans sa musique, si il est une star tant mieux. Si un jour il y a Jeff Mills sur Skyrock ou NRJ tant mieux. Ces radios là s'’intéressent aux gens si tu as un nom, si t’'as pas de nom tu ne les intéresse pas, tu ne va rien leur apporter. C'est du business. A nous de ne pas faire de concession de rester intègre. Je ne dis pas non plus qu’il ne faut pas s’'adapte : tu ne va pas non plus faire un truc complètement barré pour passer à la radio.
    Muziq : L’'avenir de la techno c'’est donc quoi selon toi ?
    Jack : Ce qui se dessine c’'est peut être la coexistence de 2 scènes, dont une avec de gros événements et des tourneurs professionnels qui sont là depuis 15/20 ans qui prendront des plateaux et qui permettront aux artistes de vivre - tant mieux - de leur musique. Je pense qu'’on va rentrer dans le système rock : il y aura de plus en plus de lives, toujours des djs mais il n’'y aura pas de place pour les médiocres, seulement pour les gens rigoureux qui devront se professionnaliser. Il faut que notre discours évolue tu peux pas rester un marginal toute ta vie. Je pense que ces évolutions ne vont faire que du bien au mouvement. Dans tous les milieux - pas que dans la musique - il y a des gens qui ne pensent qu’'à la thune. Chez les majors il y a aussi des gens compétents qui font les choses correctement et d’'autres qui font de la merde et qui feront quand même de la thune parce qu’ils ont des moyens de diffusion et de marketing énormes. Ils sont capables de toucher les jeunes, et les jeunes tu peux en faire ce que tu veux [ ndlr : arg ! On croit rever ! ]. C’'est à nous de ne pas refuser certains projets ; à nous de bien éduquer les jeunes. Si on est distribué dans les supermarchés tant mieux. Il vaut mieux qu’on soit distribué nous plutôt que des projets de merde : la énième compile Supertechno.
    Muziq : Tu fais parti de Technopol, quelle est ton implication ?
    Jack : J' ‘en fais effectivement parti, mon investissement est réduit actuellement parce que j’ai de moins en moins de temps à moi. Mais je me tiens au courant de ce qu'’il ce passe notamment sur la Parade, je file un chèque, je participe à des colloques. Récemment j'’ai participé au Festival des Radios Leaders avec la Sacem et des journalistes pour expliquer notre démarche en tant que musicien : Instruments électroniques ; on est un orchestre à nous tout seul ; la démarche du sample et celle à laquelle je suis le plus sensible l’'utilisation de sons déjà préexistants et jeu sur ton clavier-maître de tes rythmiques.
    Muziq : Tu as évoqué la Parade Techno, c’'est important ou anecdotique selon toi ?
    Jack : Déjà cela ce passe à Paris... toujours la capitale ! On aurait pu la faire ailleurs. Les puristes viendront de toute la France et de l’'étranger, mais au niveau du grand public cela sera un événement parisien. Parce contre c'’est très bien, j’'avais participé, il y a 3-4 ans à Toulouse à un carnaval techno dans la rue avec Creative Action. Et les gens s’'éclataient, tu voyais des familles avec leurs enfants danser dans la rue. Notre revendication, c’est çà : danser, s '‘exprimer, faire la fête. Il va aussi avoir un business qui va s’organiser autour de cette parade, mais encore une fois c’est tant mieux si des gens peuvent vivre de leur passion. La techno c’est la musique, mais aussi les magazines, l'’image, l'’informatique, les moyens de diffusion des années 90. La techno c’est pas qu’'une musique qui s’écoutent, c'est aussi une musique qui se mixe, les jeunes achètent des platines, un sampler. Avec 10000-20000f tu peux très bien produire chez toi. En même temps il faut pas non plus rêver, il n’'y aura la place pour tout le monde. Tout comme il y a eu l’'explosion des djs - tout le monde a voulu être dj -, puis tout le monde a voulu ouvrir des magasins de disques et quelques années plus tard certains se plaignent parce que çà marche pas. Il faut être patient et ne pas brûler les étapes. Il faut avoir du talent, il faut passer du temps, cela ne se passe pas en 1 ou 2 ans. Le résultat est là parce que on est là depuis 6 ou 8 ans, on écrit l’'histoire de cette musique en France parce que on a eu la chance de démarrer au bon moment et surtout d'’y croire parce que on était les seuls à y croire à l'’époque. Comme vous peut-être dans certaines régions, vous avez le plaisir de démarrer et de participer à l’'évolution de ce mouvement.
    Ce qui est intéressant cette année c’est qu’'il y a eu pas mal d’émissions sur différentes chaînes de télé, dans des journaux non spécialisés. On est quelques uns à avoir maintenant un nom, un impact en France, à pouvoir attirer du monde.
    Muziq : L’'avenir des musiques électroniques ; quelle est selon toi la direction qui va être prise ?
    Jack : En Europe mis à part l’Italie qui a une grosse production Dance, les 2 pays où tout ce passe au niveau business c’est l’'Angleterre et l’'Allemagne. ( Et peut être bientôt la France ). L’'Angleterre chaque année ils ont besoin de relancer l’'économie du disque ( cette année avec le Speed Garage ). Je pense qu’il n'’y aura plus de grosses tendances, mais un mélange, une fusion de styles, cela sera de la musique électronique tout court. On peut pas dire ce que cela va devenir dans 5-6 ans.
    Muziq : Tes souhaits actuels quels sont ils ?
    Jack : C’'est de faire de plus en plus de musique, de m’'organiser parce que je joue de plus en plus, il y a de plus en plus de gros événements notamment à l’'étranger. Mon souhait c’'est de produire, mixer m’a permis d’'acquérir des sensations et du métier. J'’aurais pu faire de la musique plus tôt, mais cela ne s’'est pas fait parce que je n'’avais pas vécu assez de choses. Le fait de voyager -pour mixer- t’'influence au niveau créatif, les rencontres avec d'’autres gens, d'’autres cultures. Cette envie de musique est maintenant au fond de moi depuis 2-3 ans, la rencontre avec l‘'équipe d’'Ozone avec qui j'’ai des affinités musicales a également été décisive , et puis ils m’'ont laissé libre devant les machines, sans m’i'mposer leur influence. Le live c’est pas pour encore, mais c’'est évident que un jour ou l’'autre cela va me démanger. Je sais que c'est mon métier maintenant, mais cela reste ma passion aussi. Et c’'est bien de pouvoir vivre de sa passion. Je peux me permettre d’être rigoureux dans mon travail -comme j’ai un nom- de refuser des dates pour me reposer pour ne pas tuer mon envie de travailler, et me réserver pour des soirées avec un public intéressant avec des organisateurs qui mettent une « âme » dans ce qu'’ils font. Si un jour je ne prend plus mon pied en tant que dj, je ferai toujours de la musique.
    Muziq : et tes projets ?
    Jack : Un maxi en Mars chez Ozone où il y aura un morceau que j’'ai fais pour la pièce de théatre Trainspotting. Le vol. 2 de House-trax chez Virgin. Le vol.1 m’'a été proposé parce que je souhaitais refaire un cd mixé ( mon 1er était sorti chez Fairway : dj mastermix ), et les gens de Virgin m’'ont dis qu’i'ls aimaient bien l’'émotion que je donne à travers mes mixes. Certains titres étaient déjà en licence, j’'ai du les garder, j'’ai cependant eu un droit de regard pour que cela me ressemble un minimum. Dans l’'ensemble il y a pas mal de français, même si il y a 3-4 morceaux qui ne me ressemblent pas trop. Le volume 2 sortira au printemps avec mon propre tracklisting. Un projet techno chez Distance sortira vers Mai/Juin.
    Muziq : Tu as également composé un morceau pour les compiles What’s up ?
    Jack : Je ne sais pas quel va être l’'avenir de ces compiles, je sais qu’'ils cherchent un nouveau distributeur. L’'intérêt du volume 3 était qu’'il faisait de la place aux productions des régions. Parce que la toute la hype sur la France concerne des Parisiens. Là aussi je peux servir de connexion entre les deux scènes parce que dès le départ j’ai beaucoup joué sur Paris. Il y a beaucoup de talents et de petits labels dans les régions et si je peux les aider à se faire connaître c’est bien. Mais il faut aussi qu’'ils osent et donnent des coups de fils à la presse spécialisée à Trax à Coda, aux fanzines : vous êtes un également un relais important, de plus en plus de régions ont leur propre fanzine.
    Muziq : La techno s’impose dans de plus en plus de domaines qui pouvaient jusqu'à présent sembler lointains. Tu as parlé précédemment de la pièce Trainspotting par exemple pour laquelle tu a composé un morceau.
    Jack : C’est peut être nouveau au niveau du public, mais cette musique cela fait plus de six ans qu’elle a été écrite. C’est peut être des gens qui sont sortis il y à 6-7 ans qui avaient 17-18 ans, qui ont été blasé qui sont passé à autre chose ( théatre, défilé , galerie d’artistes...) mais qui aiment toujours ces musiques et si ils sortent peut être moins, ils continuent d’'apporter leur pierre au mouvement à leur façon. Les jeunes français contrairement à leurs aînés prennent confiance, les compositeurs français s’'exportent. On a toujours eu des capacités, mais on avait ce coté : on profite de la vie ; désorganisé, maintenant il y a plus de rigueur. La nouvelle génération à envie de s’'exprimer.
    Muziq : de plus on entend de moins en moins les critiques du style « c’est que du bruit, c’est pas de la musique ».

    Jack : C’'est normal, cette musique c’'est la synthèse de tout ce qui s’est passé avant. C’est une envie d’'énorme liberté, un mouvement d'’une incroyable tolérance où tout les gens se mélangent. Les gens sont étonnés il n'y a pas de violence, au début on disait « ils planent, il y a la défonce » mais non c’'est un réel état d’'esprit. Les médias arrivent désormais à vendre en parlant de la techno ( la musique, les artistes ), et non plus avec l'’équation techno=drogue, cela prouve bien que la compréhension du mouvement avance dans la bonne direction.


    uP

    Les djs qui scratchent
    Les ballons d'azote
    Edouar Baer/NPA L
    es percussions afro & brésiliennes
    "Barré" pour dire "Taré"
    Le revival Elektro/Breakbeat
    Distribuer ses mix-tapes à ses amis
    " the drugs don't work": the verve
    liSTES dE jEU

    EKO - muziq

    1. Method men - The all night ep - Camouflage 1èresortie d'1 label de Toronto - Chicago brutal disko
    2. Dj Sneak - Polyester 3 - H.S.M. 3 bombes dont 1 pompage de " Burning "
    3. Green Velvet - Never satisfied - White label 1 mix disco sublime & 1 mix minimal puissant
    4. G flame & Mr G - Da playa's ep - Metalbox Hardhouse avec des sonorités jungle
    5. Beat junkies LP - Trainspotters nightmare Chicago minimal house remixée par Cari Lekebusch
    6. L.A. Williams - D.T.T. 3rd R e.p. - Nepenta Pour le track avec le speech pour débuter un set
    7. Harrison Crump - Poumtchak 5 Disko track sur le label d'Etienne de Crécy
    8. Gene Hunt - Wired - Contaminated muzik Minimal trax tout droits sortis d'1 Commodore 64
    9. Guem - Percussions - Le chant du monde Vraies percussions africaines, parce que la vraie trance n'est pas à Goa mais à Dakar
    10. Oxmo Puccino -Esprit maffieux - Time bomb Rap hyper sombre avec 1 piano qui glace le sang

    THEO - tazsmania

    1. Bullet breaker - Planet Rythm Trop cool
    2. Advation - World music 6 Trop cool
    3. Damon Wild-Rotary rmx-Synewave Trop cool
    4. Damon Wild - Nitevision - Synewave 35 Excellent pour un début de set.
    5. Ascent - Motion - Technasia Trop cool
    6. Andreas Kramer-Resorption-Construct Rythm Excellent
    7. Andrei Morant - Force ep - Planet Rythm Trop cool
    8. Dj Uptide - Dr Snuggle - Uptide rec. Trop cool
    9. T. Pogad - Fever - Jerk rec. Excellent
    10. The Butcher - Block - Loop rec. Trop cool=Techno

    MOÝZ - muziq

    1. Donna Summer - I feel love - Casablanca Oldies but goodies
    2. DJ Tutle - The fireleux - Subsound 14 Hard techno rythmique
    3. Jeff Mills - waveform vol 3 - Tresor 1 très bonne compile pour ceux qui ont raté la sortie de maxis
    4. DJ Tutle - Future Frontier 006 Corrosive Hard tekno
    5. DJ Hyper Active - No place like home - U.C. Minimal human techno
    6. Polson & Ruskin-Institute for the future-Surface Le son et la couleur de Jeff M. mais ce n'est pas du Jeff.
    7. Quatre - Green Techno minimaliste
    8. Gene hunt - porno muzick - cl 006 Punchy minimal techno
    9. Steve Stoll -The blunted boy wonder -novamute Un album minimaliste qui enflammera le dance floor
    10. Jeff Mills - Axis 9 limited pressing Tout le monde connaît ce disque par cœur mais il faut un 10ième skeud.

    NIC-muziq extended family-bdx

    1. Hard education - Downwards Lp3 Le quatuor majeur du label anglais (Surgeon, Regis, Female, Portion Reform) revient en force avec une techno percussive. Efficace et destructeur.
    2. Mysterious People -The rude movements -Yoshitoshi House minimale. A noter la sortie de 2 cds mixés regroupant les meilleurs morceaux sortis à ce jour.
    3. Dj T-1000 - Signal minimal - Pure Sonik
    4. Richard Bartz - Ghettoblaster II - Kurbel 8
    5. Soul Creations - Soul Blues - Bassclef
    6. Constipated Monkeys - Subliminal Groovy, Housy, Juicy ! Da bomb !
    7. Liquid interlude - Deep vision Deep house progressive - 1ere sortie d'un label de N.Y.
    8. Mike Delgado - Upstars Lounge - H.S.M. 2 morceaux fuuuuunnnkyyyy à souhait !
    9. Marshall Jefferson vs Noosa Heads - Soap records
    10. Electric Disko - Chicago deep records Une face diskohouse façon seventies et une face plutôt piano-trompette des plus agréable à écouter.